Dans le monde de l’édition, la communication ne se limite plus à un seul pays. Elle s’organise entre différentes maisons, souvent situées à l’international, comme Arpa Editores, qui développe des projets en Espagne et en France. Cet entretien avec Guillaume Arenas permet de comprendre comment ces échanges fonctionnent.

Vidéo de présentation de l’interview sur youtube

Pouvez-vous vous présenter et revenir sur votre parcours?

Je m’appelle Guillaume Arenas, j’ai 36 ans et mon parcours est assez atypique dans le monde de l’édition. J’ai étudié à Sciences Po, puis réalisé une thèse en droit public. J’ai ensuite enseigné le droit constitutionnel et administratif pendant une dizaine d’années.

Je suis arrivé dans l’édition par hasard. Un ami de longue date, Álvaro Palao, a fondé en 2016 la maison espagnole Arpa Editores. En 2023, il m’a proposé de lancer un projet francophone. L’idée était de publier en France des essais et des best-sellers internationaux de non-fiction, encore peu diffusés ici. J’ai accepté, et aujourd’hui nous publions plus de vingt titres par an.

Comment avez-vous appris le métier d’éditeur ?

J’ai appris “sur le tas”, mais avec un accompagnement solide. L’équipe espagnole m’a formé et transmis ses méthodes. J’ai également beaucoup appris en pratiquant : présenter des livres, négocier des droits, travailler avec des auteurs…

L’édition est un secteur exigeant, avec des marges faibles. Il faut donc une organisation très rigoureuse. Cette dimension “business” est essentielle, et j’ai beaucoup appris de ce point de vue grâce à Arpa Editores.

Quel titre illustre le mieux votre ligne éditoriale ?

Un exemple marquant est Origines, une histoire globale de l’humanité fondée sur les découvertes scientifiques. Ce type d’ouvrage correspond à notre ligne : une “haute vulgarisation”, accessible mais exigeante, et portée par une vision internationale. Notre objectif est de faire circuler des idées à l’échelle mondiale et d’enrichir le débat intellectuel en France.

Comment s’organisent les échanges avec les éditeurs étrangers ?

Avec Arpa Editores, la communication est très fluide car nous partageons certaines équipes et une stratégie commune. Avec les autres éditeurs, les échanges passent par des agents littéraires, des mails ou des rendez-vous professionnels. Les agents jouent un rôle clé dans l’achat de droits, notamment pour les ouvrages anglo-saxons.

Quels sont les acteurs impliqués dans ces échanges ?

Tout commence par le “scouting”, c’est-à-dire le repérage de livres. Nous analysons des catalogues, suivons l’actualité intellectuelle internationale et évaluons le potentiel des ouvrages. Si un livre nous intéresse, nous faisons une offre (avaloir + royalties). Une fois les droits acquis, nous choisissons un traducteur et planifions la publication en fonction du calendrier éditorial, qui est très stratégique dans le secteur.

Travaillez-vous avec des partenaires spécifiques ?

Nous collaborons avec de nombreuses maisons, notamment des presses universitaires anglo-saxonnes comme Princeton ou Harvard, ainsi que de grands groupes internationaux. Nous travaillons aussi avec des agents littéraires et développons des projets communs, comme des publications simultanées en Espagne et en France.

Comment se déroule une négociation de droits ?

Nous faisons une offre financière, puis une négociation s’engage, souvent sur le montant de l’avaloir et les pourcentages de royalties. Il peut aussi y avoir des enchères si plusieurs éditeurs sont intéressés.

Au-delà de l’aspect financier, nous pouvons convaincre grâce à notre engagement : rapidité de publication, qualité de la promotion, organisation d’événements…

Quel rôle joue le numérique dans votre activité ?

Le numérique est central : échanges de documents, visioconférences, veille internationale via newsletters et podcasts… Nous sommes en permanence connectés, même si la production d’un livre reste un processus long.

Existe-t-il des différences entre éditeurs français et étrangers ?

Les éditeurs anglo-saxons sont généralement plus directs et efficaces. Ils travaillent avec des auteurs très sollicités, ce qui impose une grande réactivité. Notre fonctionnement est assez hybride : français, espagnol et international. Cette ouverture est une force dans notre activité.

Les langues sont-elles indispensables dans ce métier ?

Oui, c’est essentiel. Lire, évaluer et négocier dans plusieurs langues permet d’accéder à davantage d’opportunités. Dans notre équipe, tout le monde est multilingue.

« C’est important d’être capable de lire, d’évaluer la qualité d’un manuscrit et de communiquer dans plusieurs langues, parce qu’il y a énormément d’opportunités vis-à-vis de l’étranger. » 

Comment décririez-vous votre relation avec les auteurs ?

Elle est très exigeante. Les auteurs internationaux viennent en France pour promouvoir activement leurs livres : interviews, médias, événements… Tout doit être parfaitement organisé. Le métier d’éditeur est très polyvalent : éditorial, communication, commercial, événementiel… C’est ce qui le rend passionnant.

Guillaume Arenas est un éditeur français et cofondateur de la branche francophone des éditions Arpa. Après des études à Sciences Po et une thèse en droit public, il a d’abord exercé comme enseignant-chercheur en droit constitutionnel et administratif pendant plusieurs années.

Il rejoint ensuite le monde de l’édition en collaborant avec son ami Álvaro Palau Arvizu, fondateur de la maison espagnole Arpa Editores. Ensemble, ils développent à partir de 2023 un projet éditorial en France, spécialisé dans la publication d’essais et de best-sellers internationaux de non-fiction encore peu diffusés dans l’Hexagone.

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Aïsha et Loubna – The WordWideWeb