L’auto-édition s’impose de plus en plus dans le paysage éditorial français. En effet, on en entends beaucoup parler récemment (que ce soit en positif ou en négatif) et de nombreux auteurs font aujourd’hui le choix de l’auto-édition. Pour quelles raisons? Est-ce un vrai avantage? Est-ce un choix de facilité ? Autant de questions que nous allons aborder dans cet article.
Pourquoi choisir l’auto-édition ?
Pourquoi une autrice à succès comme Amélie C. Astier préfère-t-elle la voie de l’auto-édition à celle de l’édition traditionnelle ? En effet, elle vit aujourd’hui de son travail d’autrice, et pourrait assez facilement être éditée en maison d’édition. Est-ce un choix par conviction, nécessité ou encore pour d’autres raisons?
« Pour plus de liberté éditoriale. C’est un choix par conviction. »
La réponse d’Amélie est claire. Cela mène à penser que l’édition traditionnelle présente des avantages, mais également des contraintes. L’auto-édition permet d’écrire de la manière plus libre et de choisir des sujets sans forcément se caler sur les tendances actuelles et sans se brider. Comme Amélie est une autrice hybride, nous lui avons également demandé quels étaient – selon elle – les principaux avantages de l’auto-édition par rapport à l’édition traditionnelle.
« La liberté de projet pour l’autoédition et la diffusion en librairie pour l’édition traditionnelle. »
Combien coûte l’auto-édition?
Si l’auto-édition est plus libre, elle représente cependant un coût plus ou moins élevé selon les cas de figure. Nous avons demandé à Amélie s’il était possible de se lancer sans un budget initial ou bien s’il fallait investir au départ.
« Il est difficile de se lancer sans budget initial, dans le sens où il faut payer une correction, et peut-être une graphiste si on n’a pas les capacités de faire les choses soi-même. Mais avec un petit budget, je pense que tout est possible. Difficile d’établir un montant, ça varie en fonction du type de prestations. »
La réponse d’Amélie nous montre qu’avant de se lancer dans l’aventure de l’auto-édition, il est préférable d’avoir de l’argent de côté afin de pouvoir éponger les frais divers pour la création de l’ouvrage. Cependant, il n’est pas obligatoire d’avancer une grosse somme d’argent si on sélectionne des prestataires qui conviennent à la situation ou bien si on décide de faire soi-même une partie du travail. Nous lui avons demandé comment elle sélectionnait ses prestataires/plateformes (imprimeurs, distributeurs, correcteurs, graphistes…) et sur quels critères elle se basait (prix, qualité, réputation, rapidité…).
« En fonction des tarifs proposés et de la qualité. »
Pour obtenir un peu plus d’informations, nous lui avons demandé si elle était familière avec les systèmes de crowfunding (ex: Ulule) et si elle envisageait de passer par une plateforme de ce type dans le futur. Nous avons également voulu savoir quelles plateformes d’auto-édition elle utilisait (Amazon KDP, Librinova, Bookelis…) et pourquoi.
« Je n’ai jamais eu recours à Ulule et je l’envisage dans le futur si j’ai une idée de projet. Je trouve l’idée pas mal pour éviter d’avancer de grosses sommes d’argent. J’utilise sinon AMAZON KDP parce que c’est le leader et que la plateforme possède le plus de visibilité. »
Comment vendre ses ouvrages ?
Un autre point important de l’auto-édition concerne la diffusion. Comment se faire connaître et par quels moyens? Comment vendre ses ouvrages etc… Nous avons donc demandé à Amélie si elle vendait plutôt ses ouvrages sur un site internet personnel ou bien dans des salons littéraires. Voici sa réponse:
« Oui, je vends sur une boutique et en salon. C’est moins facile que pour un livre en maison d’édition, mais c’est de plus en plus faisable. »
Nous lui avons ensuite demandé si la vente de ses ouvrages auto-édités était rentable et si elle était parvenue rapidement à se construire un public fidèle, ou si cela avait pris du temps.
« Cela dépend des projets. Il est difficile de savoir à l’avance si un projet est rentable ou pas. Je pars du principe qu’il faut, au minimum rembourser ses frais et parvenir à faire des bénéfices. Par chance, j’ai eu un public fidèle dès le début. »
Avec cette réponse, nous nous sommes alors demandés quels étaient les différents facteurs de réussite pour un livre en auto-édition (qualité du texte, communication, couverture, prix, régularité…).
« Je pense que le prix, la couverture, un bon résumé et une bonne communication peuvent aider. »
L’auto-édition implique souvent une forte présence sur les réseaux sociaux. Nous avons donc voulu savoir si elle s’occupait elle-même de sa communication ou bien si elle faisait appel à quelqu’un pour l’aider ? De plus, il était important pour nous de savoir comment elle vit le fait d’être très présente sur les réseaux qui peuvent être de plus en plus toxiques.
« Je m’occupe moi-même de mes réseaux sociaux et je confirme que c’est chronophage. Je ne vis pas toujours bien d’être sur les réseaux sociaux, je trouve que l’ambiance peut-être assez pesante. »
L’opinion du public
L’auto-édition à beaucoup évolué et s’est beaucoup démocratisée, mais elle est également au cœur de certains scandales. Cela peut avoir un impact important sur l’opinion du public. Nous avons voulu savoir comment réagissent les gens lorsqu’ Amélie annonce qu’elle est autrice auto-édité(e), et si elle a le sentiment que l’opinion générale sur l’auto-édition est plutôt positive ou négative.
« Dans l’ensemble, les gens sont curieux et bienveillants. Avec les années, l’avis sur l’autoédition a changé en positif, même s’il reste toujours des gens à convaincre. »
Enfin, nous avons voulu savoir si Amélie pense que l’auto-édition a permis de démocratiser l’accès à la publication, ou au contraire, si elle pense que cela rend plus difficile de se démarquer parmi la masse de publications.
« Oui, je pense que l’auto-édition a permis de démocratiser l’accès à la publication, mais ces dernières années, il y a une forte offre qui peut noyer les romans dans la masse. »
Cette interview nous a permis de connaître un peu plus en détail le quotidien d’une autrice auto-éditée. Nous espérons que notre enquête vous a plu et nous remercions grandement Amélie C. Astier pour sa gentillesse et le temps qu’elle nous a accordé.

La communication des métiers du livre à l’ère du numérique

Amélie C. Astier (AMHELIIE) est une autrice hybride de romances depuis maintenant 12 ans ; elle a déjà publié une centaine d’histoire en auto-édition. Elle écrit seule ou en duo avec Mary Matthews (Maryrhage).
Pour Amélie, l’écriture est une nécessité. Au lieu de dormir, elle passe ses nuits à transformer ses idées en romans.
Amélie écrit de la romance sous toutes ses formes et pour tout le monde. Elle s’occupe aussi de la création des formats papier de ses livres. Sur son site internet, il est possible de se procurer ses romans en format numérique, broché, relié et même en format poche pour certains.