Dans l’immense toile qu’est le World Wide Web, chacun cherche à se mettre en avant à travers diverses techniques, connaissances ou outils. Mais comment le numérique réussit il à valoriser la production éditoriale et la communication pour des œuvres diverses au public éclectique ? Nous avons posé la question à Axelle et Stéphane, qui ont créé l’agence Sagacit Communication. Réponses croisées…
« Derrière toute production éditoriale il y a un message. Ce sont des mots, agencés d’une certaine façon, qui font passer une idée, et c’est ça la communication »
Axelle BERNUT
L’enjeu crucial du web aujourd’hui : La visibilité
Stéphane : Aujourd’hui, l’enjeu sur le web, ce n’est pas avoir un contenu, c’est la visibilité. Tout le monde a un site web, il y en a autant ou plus qu’il y a d’êtres humains sur Terre. Vous êtes là, quelque part, sur le World Wide Web, mais maintenant l’enjeu, c’est qu’on vous voit. Et pour cela, il faut que vous ayez des contenus et des mots-clés pertinents. Les gens pensent qu’il peuvent l’obtenir avec ChatGPT. Sauf que si tout le monde fait à ChatGPT la même requête, celui-ci va donner les mêmes mots-clés, les mêmes contenus, qui ne vont pas se singulariser.
Axelle : ChatGPT, c’est un outil très bien, mais il faut quand même avoir lles connaissances. Ça m’est arrivé de l’utiliser pour m’aider, en lui demandant une requête pour certaines recherches, et je voyais sortir des âneries, notamment sur les plans médicaux ! Il faut faire très attention et garder un œil critique.
Trois raisons d’avoir un site web
Stéphane : Et puis, il faut voir aussi ce qu’on veut. Il ne faut pas oublier de le préciser aux clients : il y a grosso modo trois choses qu’on peut avoir avec un site web en tant que professionnel ou entreprise.
Premièrement, c’est une carte de visite, parce que maintenant la carte de visite c’est votre site web. Si on vous dit “Qu’est-ce que vous faites ?”, le site web est une sorte de carte de visite et inversement.
Il y a ensuite le site web en tant que relais de vos réseaux sociaux, parce que souvent on veut rapporter du trafic sur le site web, où on a des call-to-action. La personne achète ce que vous avez à vendre ou votre prestation, ou elle vous appelle.
La dernière, et c’est le Graal de tout le monde : si je vends par exemple des chaussures, et que quelqu’un arrive sur Google et cherche « Nike à Ville d’Avray » Bam ! Qu’il tombe sur votre site. C’est extrêmement difficile dans certains domaines. Pour les chaussures de sport, c’est carrément impossible, parce que vous avez des entreprises comme Nike donc, qui eux ont des stratégies numériques dans lesquelles ils mettent des millions d’euros.
On demande donc aux clients, quand ils parlent de web, « qu’est-ce que vous voulez ? » Parce que si vous voulez juste voir la plupart de vos clients physiquement, et qu’en fait le site web va juste vous rendre plus crédible, faut aller dans ce sens-là.
« Le numérique est un support, un média, incontournable maintenant, qui nous est imposé avant de nous aider. »
Axelle BERNUT
La communication numérique est à la fois une facilité et une difficulté supplémentaires
Sokona : J’ai compris qu’il y avait beaucoup de liens entre la production éditoriale et la communication ainsi qu’avec le numérique, qui vient un peu consolider les deux. Comment est-ce que vous définiriez ce lien, entre la production éditoriale et la communication ?
Stéphane : Le lien entre la production éditoriale et la communication nous fait comprendre, je pense, que derrière toute production éditoriale il y a un message. Ce sont des mots, des mots agencés d’une certaine façon pour faire passer une idée, un message. C’est valable même pour un écrivain, à la limite. Par exemple, je vais écrire quelque chose, et je vais me demander : « Qui je veux toucher, et comment je vais faire pour le toucher ? » Je vais réfléchir à la façon d’agencer les images, les mots, les graphismes. Je vais utiliser tous les outils que j’ai pour comprendre comment toucher ce public.
Axelle : Voilà. C’est ça l’édition, pourquoi on éditerait si ce n’est pas pour ça ? Et le numérique dans tout ça ? Il facilite. Il est facilitateur pour atteindre cette cible. Là où il est moins facilitateur, c’est qu’il créer un autre problème : on est des milliers à faire ça, alors comment on se singularise ?
« On est clairement dans une société d’hypercommunication »
Stéphane Camerlynck
Stéphane : Avant le web on avait tendance à parler à un récepteur ou deux ou trois, maintenant on peut parler un million de récepteurs d’un coup.
Axelle : Donc, le numérique facilite la communication, mais la rend difficile aussi, parce qu’il faut être de plus en plus pointu pour faire passer son message.
Stéphane : on est, clairement, dans une société d’hyper communication.
Axelle : On peut prendre du recul par rapport à ça, mais parfois il faut aussi ne pas communiquer.
Les formations de l’agence Sagacit
Sokona : Sur le site Internet de votre agence, vous offrez des formations sur les réseaux sociaux et l’administration de site web. En quoi ces formations aident-elles les entreprises à mieux communiquer autour de leurs œuvres ou de leurs contenus éditoriaux ?
Axelle : Je dirais qu’il y a trois types de formations. La formation à des écrits journalistiques, c’est une formation pour avoir les rudiments. ce ne sont pas encore des formations très élaborées. Donc, le plus fréquent, c’est les rudiments de l’écrit, pour être percutant, toucher sa cible quand on écrit sur n’importe quel sujet.
Les rudiments de la photo, c’est apprendre à utiliser son portable pour faire de bonnes photos quand on n’est pas photographe.
Et il y a une autre formation intégrée, celle où l’on vend un site web sur des plateformes légères de type Wix. Notre but, n’est pas d’avoir le client accroché à nous. Le mieux, c’est de le rendre autonome pour qu’il n’ait pas besoin d‘appeler un prestataire toutes les deux minutes parce qu’il veut changer une photo ou faire un autre article sur son site. Donc, sur ce point là, c’est Stéphane qui forme un peu.
Trouver une ligne éditoriale, avec ou sans le numérique ?
Sokona : Comment est-ce que le numérique vous aide à avoir une ligne éditoriale pour les demandes de votre public, que ce soit des entreprises ou des particuliers ?
Axelle : Le numérique, c’est d’abord un outil qui nous est imposé. Enfin, plus qu’un outil, c’est un…
Stéphane : un support.
Axelle : Un support, un média, incontournable maintenant, qui nous est imposé avant de nous aider. Et ce support a des codes, des codes formels, qui sont finalement assez proches de l’écriture littéraire habituelle, mais qu’il faut quand même connaître. Déjà, la première chose c’est qu’il faut maîtriser ce support. Une fois qu’on s’est dit “Je suis obligé de travailler avec le numérique”, il nous aide, parce que c’est un support très agile, c’est quelque chose qui est assez malléable.
Sokona : Oui, parce qu’on peut faire pleins de choses avec.
Axelle : Exactement ! Visuellement, par exemple, vous pouvez vous adapter beaucoup plus facilement avec le numérique qu’avec une affiche. Ensuite, c’est un énorme outil de recherche pour nous, parce que dans notre travail il y a quand même un aspect réflexion/recherche en complément de ce que peut dire le client.
L’intelligence artificielle, à utiliser avec modération
Bon, maintenant l’IA démultiplie ces possibles-là, même si on est prudent, on l’a déjà dit. Après, on a aussi une petite fibre écologique, et on reste modéré. On ne va pas utiliser l’IA comme machine à calculer parce que ça n’a pas de sens.
Stéphane : Sur le plan environnemental, demander à ChatGPT “Quand est-ce que passe mon prochain bus ?” c’est stupide, et ça consomme énormément d’énergie.
Sokona : D’ailleurs j’ai vu récemment un TikTok qui parlait de la consommation des recherches ChatGPT. C’est énorme !
Axelle : Effarant.
Sokona : Ca parlait de “mille milliards de tonnes”…
Axelle : Effarant… C’est pour ça qu’il faut l’utiliser avec parcimonie, avec réflexion. Ça va venir. Pour l’instant, c’est l’engouement, tout le monde fait un peu n’importe quoi avec, enfin… Certaines personnes [rire].
Axelle BERNUT
Responsable éditoriale

Axelle Bernut est la présidente de l’entreprise Sagacit Communication. Élève généraliste et littéraire, après une classe préparatoire, elle intègre HEC Paris pour se spécialiser dans le marketing et la comptabilité. Axelle s’oriente et se spécialise d’abord dans tout ce qui attrait à l’enseignement juridique et fiscal, et devient ainsi avocate à sa sortie de l’école de commerce française. Sa vie professionnelle s’entame donc en tant qu’avocate en droit des affaires à Paris, avant qu’elle ne retourne en Nouvelle-Calédonie, là où elle comprend que le juridique n’était pas une fin, mais plutôt un moyen, un tremplin qui lui a permis de se tourner vers la voie de l’entreprenariat et ainsi rejoindre l’entreprise de Stéphane Camerlynck, son époux et son associé.
Stéphane CAMERLYNCK
Directeur exécutif et artistique

Depuis toujours, Stéphane Camerlynck avait cette volonté de devenir son propre patron. Mais avant de créer une agence de communication, il a travaillé en multinational pour une entreprise calédonienne. Quand une opportunité s‘est présentée, il a trouvé plus intéressant de se tourner vers la création d’une agence afin de témoigner des développements inhérents à la Nouvelle-Calédonie par le biais d’un journal local. Ainsi, il a fini par créer sa propre entreprise, mais est d’abord plus tourné vers le conseil plutôt que la production de contenu, qu’il commandait à des agences externes. Ce n’est qu’après plusieurs années d’expériences, et grâce à de nouvelles alliances, que l’entreprise de Stéphane Camerlynck devint « Sagacit Communication ».

Sokona Coulibaly – Numériquement livre